Lasne : Balade à la découverte du Patrimoine d’Ohain

Lasne : Balade à la découverte du Patrimoine d’Ohain

Point de départ de la balade : Place Communale d’Ohain

La Place Communale, est sans conteste une des plus belles places de
village de Belgique, classée en 1959. Bordée de maisons élégantes, elle
dégage une grande sérénité et a attiré, depuis toujours, de nombreux
artistes. Regardez la maison sise au n° 17 (maison avec la verrière) : elle a
été la maison de deux artistes renommés, Anto Carte (1886-1954) et Albert
Delstanche (1870-1941).


En montant sur le kiosque, vous pouvez apercevoir, à gauche de la place, le
manoir d’Ohain dont beaucoup de Lasnois ignorent l’existence tant il se
dissimule derrière ses murs. C’est une magnifique bâtisse, datant de la fin
du 15ème siècle, qui s’est transmise depuis cette époque uniquement par
successions. Un fait rare. Il est actuellement la propriété du comte de
Diesbach. Le peintre Bram Bogart, décédé en 2012, y a vécu de 1962 à 1987
et y a connu une période de création très féconde.


La place d’Ohain est également un lieu d’histoire : au n° 17 où vécurent les
artistes Anto Carte et Albert Delstanche, Paul Goldschmidt-Clermont prit
l’initiative, en août 1941, de réunir clandestinement des personnalités du
monde politique et économique pour signer un texte qui fut à l’origine du
système de sécurité sociale mis sur pied après la guerre. Une plaque
apposée sur la façade de l’ancienne maison communale rappelle cet
évènement.


Toujours sur la Place Communale


La Fontaine Mascart a été inaugurée en 1890 en grande pompe pour
honorer trois frères : Julien, Antoine et Louis Mascart, natifs d’Ohain.
Quatre membres de la famille Mascart furent tour à tour bourgmestres
d’Ohain.


D’abord Louis, maïeur de 1796 à 1818; ensuite son frère Antoine de 1819 à
1840, premier bourgmestre en fonction à la création de la Belgique puis
successivement ses deux fils : Antoine, député et bourgmestre de 1840 à
1887 et Louis, médecin des pauvres particulièrement préoccupé d’hygiène
publique, bourgmestre de 1887 à 1888.


Au décès de celui-ci, ses amis libéraux décidèrent de perpétuer son souvenir par un médaillon de bronze mais la souscription publique eut un tel succès qu’elle permit de voir plus grand et d’opter pour la construction sur la place du village d’un monument fontaine commémoratif rendant non seulement hommage à Louis mais également à ses deux frères Antoine et Julien (avocat à la cour d’appel de Bruxelles).


Notons l’installation du circuit d’eau courante en 1906.
Plus récemment, en 1993, Monsieur Thierry Rotthier alors bourgmestre
l’inaugura une nouvelle fois après sa restauration dans le cadre de la
sauvegarde du petit patrimoine wallon.


Les bancs autour du kiosque, placés en 1981, commémorent le
souvenir de trois écrivains illustres ayant habité ou séjourné dans la
commune: Charles Plisnier (prix Goncourt en 1937), Edmond
Vandercammen et Albert Guislain.


Unis par l’amitié et l’amour de terroir, ces académiciens ont été honorés
afin de pérenniser leur mémoire.


Un vers de chacun d’entre eux, gravé dans la pierre, perpétue leur œuvre :
“Il n’est pas trop tard pour faire le monde” – Charles Plisnier
“Engrange les clartés du ciel” – Edmond Vandercammen
“Mais avant tout, il aimait son terroir” – Albert Guislain
Devant la maison communale, une stèle et un banc rappellent l’oeuvre d’un
autre grand poète: Robert Goffin et portent les vers suivants:
“Ohain ma capitale personnelle de Wallonie”
« Vallée heureuse où les vents ralentissent pour caresser les saules »
Nous aurons l’occasion d’en parler plus longuement en passant devant
leur lieu de séjour.


Descendez la Place vers la droite et empruntez la rue de l’église SaintEtienne qui relie la Place Communale à l’église Saint-Etienne
Sur votre droite, à l’arrière de maison sise au n° 1, vous apercevez les
bâtiments d’une brasserie dominés par une haute cheminée, la brasserie
Desomberg, qui a cessé ses activités en 1929.


La présence de plusieurs brasseries sur la place est attestée dès le XVè
siècle.
Au XIXè siècle, la plus grande d’entre elles, que nous ne situons pas avec
certitude, employait 4 ouvriers qui produisaient 2700 hl de bière par an.
Plus loin, à la fourche, continuez tout droit, en laissant la route de la
Marache sur votre droite L’église Saint-Etienne, classée dans son entièreté en 1983 et dont la tour massive dite « tour sarrasine » domine la vallée du Smohain, mérite que l’on s’y attarde quelque peu. Elle a été rénovée en 1751 par l’abbé Jamin dont la pierre tombale se trouve à côté de la porte d’entrée.
A admirer : le bénitier en pierre bleue du 18ème siècle, les fonds baptismaux également en pierre bleue datant de la même époque et le magnifique buffet d’orgue du début du 19ème siècle. En face de l’église, une cure majestueuse a été construite en 1729.


Au bout de la rue de l’église Saint-Etienne, prenez à gauche la route de
la Marache


La route de la Marache suit la rive gauche du Smohain, petit ruisseau
affluent de la Lasne, (et sous-affluent de la Dyle), entièrement situé sur le
territoire de la commune de Lasne. Celui-ci prend sa source au hameau de
la Marache et se jette après un parcours d’environ cinq kilomètres, dans la
Lasne à hauteur de l’étang de Renipont.
Les rives droite et gauche du Smohain ont respectivement été classées en
1991 et 1994.


La vallée du Smohain mérite cette protection en raison de l’attrait de ses
paysages et de sa valeur sur le plan biologique. Une partie des versants est
parcourue par de remarquables chemins creux alors que son cours est
bordé de magnifiques vieux saules têtards lui assurant un charme fou.
La beauté de la vallée du Smohain a inspiré de nombreux peintres et
écrivains, notamment Albert Guislain (1890-1969), avocat, écrivain, et
journaliste qui venait passer ses week-ends et ses vacances dans la petite
fermette sise au n° 11.


Il aimait ce « coin exquis » qu’il décrivait comme suit : « C’est le Brabant
wallon, le plus parfumé, le plus tendre des deux Brabant au printemps, en
été et au début de l’automne… Délicatesse des tons, souplesse de la ligne,
les peupliers ont des élancements d’ifs ombriens et les peupliers, au bord
des ruisseaux, ressemblent à des oliviers désaltérés ».

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